Les changements climatiques...
Doit-on s'énerver?

Les changements climatiques affectent notre planète de façon de plus en plus perceptible. Depuis environ un siècle, le climat s’est modifié et les températures se sont élevées. Les changements que subit le climat sont devenus une source d'inquiétude à l'échelle mondiale. Dans cet article, on va décrire le comportement de la terre, son bilan énergétique, l'histoire des glaciations et des température du passé, le problème actuel du réchauffement ainsi que les solutions qui s'offrent à nous.

Le climat se définit comme une description des moyennes et des extrêmes météorologiques en un endroit donné. Il est naturellement variable comme en témoigne l'irrégularité des saisons d'une année sur l'autre. Cette variabilité est normale, et tient aux fluctuations des courants océaniques, aux éruptions volcaniques, au rayonnement solaire et à d'autres composantes du système climatique encore partiellement incomprises. De plus, notre climat aussi a ses extrêmes (comme les inondations, sécheresses, grêle, tornades et ouragans), qui peuvent devenir dévastateurs.

Actuellement, on observe une tendance lourde vers un réchauffement climatique qui se manifeste par la fonte des glaces aux pôles et un plus grand nombre de tempêtes et de sécheresses sous les tropiques. Ici, j'ai voulu faire une revue des causes et des implications de ce phénomène et, pour commencer, on va voir comment notre planète fonctionne et faire un bref historique des glaciations et des périodes chaudes qui sont survenues dans le passé. On va ensuite considérer ce qu'il faut faire et ce qu'on fait effectivement pour diminuer les effets néfactes de ce réchauffement.

Comment se comporte la Terre?

Le Terre est un corp céleste qui n'obéit qu'aux lois de la physique. Sur son orbite elliptique qu'elle parcours en un an autour du Soleil, elle fait un tour complet sur elle-même à tous les 24 heures sur un axe légèrement incliné par rapport à son orbite. Puisqu'elle a une masse, elle dégage un champ gravitationnel et sa composition fait qu'elle génère un champ magnétique. Un atmosphère composée principalement d'azote et d'oxygène l'entoure et sa température permet à l'eau d'exister sous forme liquide: tous des ingrédients favorable à la vie.

Notre planète reçoit son énergie des corps célestes l'environnant sous forme de radiation électromagnétique dont la plus importante contribution provient de la radiation solaire: la lumière que nous voyons est formée de ce rayonnement. Le rayonnement auquel nos yeux sont sensibles ne représente cependant qu'une petite portion du rayonnement reçu du Soleil: il y a aussi de la radiation UV, infrarouge et radio. Elle reçoit l'énergie du Soleil, mais elle en perd également sous forme de rayonnement, en absorbe en la transformant en chaleur et en réfléchit beaucoup vers l'espace.

La radiation solaire est de 63 Méga Watts/m2 à la surface du soleil. Sur cette énergie émise par le Soleil, il en arrive 1368 W/m2 (constante solaire) en moyenne au sommet de l'atmosphère entre l'équateur et les tropiques donc en moyenne globale l'énergie reçue à la surface de la Terre est de 342 W/m2. Sur les 342 W/m2 que la Terre reçoit du Soleil seulement 160 W/m2 atteint le sol alors que 102 W/m2 sont réfléchis (82 W/m2 par l'atmosphère et 20 W/m2 par la surface terrestre) alors que 80 W/m2 sont absorbés par l'ozone de la stratosphère, la vapeur d'eau et le dioxyde de carbone de la troposphère. Pour que la Terre atteigne une température de 15°C, il faudrait 490 W/m2. Les 330 W/m2 manquants sont fournis par l'atmosphère et constituent ce que l'on appelle l'effet de serre.

Un bref retour sur le passé

Pendant le pré-cambrien (-4.5 Ga à -600 Ma), la Terre a connnu ses premiers grands froids lors de la glaciation huronienne il y a 2,3 Ma. Plus tard, on a eu la deuxième grande période froide de son histoire. Ce laps de temps fut surtout marqué par deux glaciations: la glaciation Sturtienne entre -750 et 700 Ma et la glaciation Varanger qui se termina vers -630 Ma et a duré 30 Ma.

Au Paléozoïque (-600 à -250 Ma), on a eu la glaciation Andéenne-Saharienne qui s'est étendue de -450 à -420 Ma pendant laquelle, alors que la vie était encore cantonnée dans les mers, nombre d'espèces ont périclité en un bref intervalle de temps, probablement moins de 500 000 ans. On a eu ensuite la glaciation Karoo qui s'étend de -360 à -260 Ma à laquelle correspond la grande extinction de la fin du Dévonien, entre -370 et -360 Ma, quand les espèces sont à nouveau décimées, apparemment en plusieurs vagues successives.

Suivit une longue période de rétablissement de la biosphère marine et terrestre (diversification des amphibiens et des premiers reptiles), qui ne connut pas de bouleversements majeurs jusqu'au'à la fin du Permien il y a 250 Ma.Cette grande extinction de la fin du permien vit la disparition de toutes les espèces marines et terrestres, y compris de la grande majorité des amphibiens et des reptiles. La première cause fut, semble-t-il, une éruption volcanique géante qui survient dans notre Sibérie actuelle. C'est alors qu'un nouveau phénomène entra en action. Les eaux de plus en plus chaudes libérèrent le second tueur venu du fond des océans: le méthane. La libération d'énormes quantité de méthane, gaz à effet de serre, augmenta la température du globe de 4 à 5°C. Le réchauffement global entraîna un accroissement de la température moyenne de la Terre de 10°C.

À ce coup de chaleur succéda l'extinction de la fin du triasique ou grande extinction du Norien, entre -199 et -214 Ma, qui a été probablement causée par des éruptions volcaniques créant de gigantesques flots  de laves depuis la zone magmatique au centre de l'Atlantique, un événement qui déclencha l'ouverture de l'océan. Le volcanisme peut avoir apporté globalement une chaleur mortelle.

Il y a 65 millions d'années, la Terre est en pleine période interglaciaire. La chaleur est telle que les températures polaires varient entre 10 et 20°C et les calottes glaciaires ont disparu. Les palmiers poussent en Alaska alors que le niveau des mers est 200 m plus haut qu'aujourd'hui. Tout à coup, brutalement, le climat refroidit, entraînant au passage des extinctions de masse, dont celle des dinosaures. Cette fois, ni le Soleil, ni les phénomènes gravitationnels ne sont en cause. Les spécialistes pointent plutôt du doigt le volcanisme ou la chute d'une météorite de quelques kilomètres de diamètre qui a créé le cratère de Chicxulub près de la péninsule du Yucatan au Mexique. Ces deux événements induisent en effet une même conséquence : l'obscurcissement du ciel dû à la projection de poussières dans l'atmosphère . C'est la fin du règne des dinosaures et le début de celui des mammifères.

L'ère quaternaire a débuté il y a 1.8 Ma. Elle va correspondre à un refroidissement généralisé. Des périodes glaciaires vont alterner avec des phases de réchauffement, les interglaciaires. Le climat entre -1,8 Ma et -120 000 est moins bien connu. Il correspond toutefois à un refroidissement avec une alternance de périodes glaciaires ‒ celles de Biber (-2,7 à 2.1 Ma), de Doneau (-2.0 et 1.8 Ma), de Günz (-900 à -620 Ka), de Mindel (-455 à -300 Ka), de Riss (-200 à -130 Ka) et de Würm (-110 à -10 Ka) ‒ entrecoupées de périodes de réchauffement.

Il y a environ 10 000 ans, l'Interglaciaire qui se poursuit aujourd'hui et qui correspond à l'Holocène a débuté. Il s'agit d'une période chaude qui suit la dernière glaciaire du Pléistocène appelée glaciation de Würm. Suite au dernier maximum glaciaire survenu il y a 18,000 ans, un réchauffement climatique général a entraîné une déglaciation continue jusqu'à aujourd'hui, avec un maximum de réchauffement il y a environ 8,000 ans. À ce moment, la température moyenne est de l'ordre de 2°C supérieure à l'actuelle.

La suite n'est pas monotone: on a identifié six petites glaciations ainsi que de multiples interglaciaires au cours des 6.000 dernières années.  La première commence par une phase froide, les oscillations de Palü vers -9,000 ans, suivies du premier optimum postglaciaire (-9,000 à 6,000 ans). Des oscillations plus faibles sont toutefois documentées durant celui-ci. Dans la seconde période (-5,500 ans à nos jours), les variations se suivent à un rythme irrégulier et assez rapide: phases froides de Piora I et II (-5,200 à -4,500 ans) et de Löbben (-3,500 à -2,100 ans), séparées par le deuxième optimum postglaciaire (-4,500 à -3,500 ans) et suivies de l'optimum de l'âge du Bronze, long de deux à trois siècles; on observe ensuite des crues des glaciers tous les 150-250 ans:  au moins deux grandes crues dans la phase de Göschenen I (830-270 av. J.-C.).

Les annales historiques permettent de reconstituer approximativement les grandes variations climatiques jusqu'aux années 400 avant J.C. À cette fin, on utilise les indications fournies par les chroniques sur la date des moissons, l'extension des glaciers, de la vigne, la durée du gel hivernal. On note par exemple un optimum climatique pendant l'apogée de l'empire romain (de 270 avant J.C à 400 apr. J.C.). On assista par la suite à des crues de glaciers vers 400, 600 et 800 dans la phase de Göschenen II (400-800 apr. J.-C.).

L’optimum climatique médiéval parfois appelé réchauffement climatique de l'an mil est une période de climat inhabituellement chaud localisé sur les régions de l’Atlantique nord< et ayant duré du Xe siècle jusqu’au XIVe siècle approximativement. Pendant cette période, le climat en Islande et au Groenland (la Terre Verte selon Eric le Rouge) était tout à fait agréable pendant les trois cent premières années qui suivirent la colonisation Viking.  On dit même que des palmiers poussaient en Écosse à cette époque. Selon toute probabilité, les variations solaires sont la cause de cet épisode climatique. En utilisant des isotopes de carbone 14 comme indicateur de l'activité solaire avant 1600, on a pu mettre en évidence un niveau élevé de l'activité solaire pendant la période médiévale, entraînant la chaleur du climat

Un niveau réduit de l'activité solaire pendant une période froide appelée « minimum de Sporer », a causé une baisse de la température vers l'an 1350. Suivit alors le Petit Âge Glaciaire pendant lequel l'hémisphère nord a connu un net refroidissement, entamé dans la seconde moitié du XIVe siècle avec un minimum thermique au XVIIe siècle qui a persisté jusqu'au début du XIXe siècle. Il s'agit d'une période centrée sur le « minimum de Maunder » (1645-1715), qui semble correspondre à une faible activité solaire. Elle fut marquée par une série d'hivers particulièrement rigoureux, accompagnés de disettes et de famines. Ce minimum n'est pas unique : il y a eu le minimum de Spörer (1420-1530), le minimum de Wolf (1280-1340) et le minimum de Oort (1010-1050).

Pour un compte-rendu plus détaillé de cet historique, je vous invite à lire "Une histoire du climat de la terre".

Que pouvons-nous faire?

La Terre a survécu à tout cela mais pas nécessairement toutes les espèces qui vivaient à sa surface car il y a eu de nombreuses extinctions. Cependant, les conditions à sa surface sont demeurée suffisamment stable pour que la vie se poursuive et que les espèces se multiplient. Depuis les derniers 10,000 ans, elle a été si propice à l'éclosion de la vie que nous avons réussi à nous multiplier de manière exponentielle jusqu'à près de 7,000,000,000 d'individus, chiffre que, semble-t-il, nous atteindrons en 2012.

La prolifération fulgurante des humains depuis les dernières décennies n'est pas seulement attribuable aux conditions propices à la vie de notre planète. Elle doit beaucoup au développement exponentiel des technologies ["Humanité 2.0 - La Bible du changement" par Ray Kurzweil]. Ce développement tout-azimut des technologies a fait décroître la mortalité infantile, a fait monter l'espérance de vie et a rendu la vie plus plaisantes à ceux qui survivaient. C'est une réalisation du constat de Claude Lévi-Strauss mentionné en 1964 dans son litre intitulé "Race et Histoire": « la civilisation occidentale cherche d'une part (...) à accroître continuellement la quantité d'énergie disponible par tête d'habitant; d'autre part à protéger et à prolonger la vie humaine ».

Cependant, nos économies modernes dépendent de plus en plus de la consommation de pétrole, de gaz naturel et du charbon, des ressources non-renouvelables et émettrices de gaz à effet de serre. La consommation mondiale d'énergie a augmenté de 45 % depuis 1980 et devrait croître encore de 70 % d'ici 2030. Une grande partie de l'énergie consommée en 2002 dans le monde (près de 90%) provient de gisements de combustibles fossiles.

Pourtant, ces énergies fossiles existent en quantités limités qui ne se renouvellerons pas avant quelques millions d'années: on a du pétrole encore pour environ 50 ans, du gaz naturel pour environ 65 ans et du charbon pour environ 250 ans. Les nouveaux gisements de pétrole deviennent de plus en plus rares et leur exploitation devient de plus en plus difficile et dangereuse (pensons au Deep Water Horizon dans le Golfe du Mexique). L'empreinte de notre présence sur l'environnement ne croît donc pas linéairement avec le nombre d'individus mais plutôt proportionnellement au PIB mondial. Cette tendance demeurera tant et aussi longtemps que nous serons "accros" à l'énergie fossile. [voir l'article intitulé "Nos sources d'énergie" pour plus de détails sur le sujet].

Alors quoi faire? Trois solutions sont possibles pour luter contre le réchauffement climatique: le ralentir le combattre et/ou s'adapter. Ces solutions ne sont pas mutuellement exclusives. Actuellement, les efforts de la communauté internationale visent principalement à empêcher ou tout au moins le ralentir en diminuant la quantité de gaz à effet de serre que nous produisons. Ce que j'ai appelé le combat est discutée dans les milieux scientifiques internationaux sous le terme de "geo-ingéniérie". Finalement, s'adapter sera la situation à laquelle on devra faire face même si les deux premières solutions réussissent car il est déjà un peu tard.

Comment nos sociétés réagissent-elles?

C'est une caractéristiques des sociétés, surtout les sociétés démocratiques, d'être incapable de réagir à des changements qui se produisent lentement. Géographe à l'Université de Californie, Los Angeles, Jared Diamond confirme cette affirmation dans son livre intitulé "Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie" (Gallimard 2006) où il écrit en parlant des civilisations qui ont disparues: « Tous les peuples sont susceptibles de verser dans la surexploitation de leur environnement, d’autant plus que sa dégradation progressive, brouillée par les fluctuations ponctuelles, reste difficile à appréhender. » Il y a là une analogie avec la situation dans laquelle nous nous retrouvons car, jusqu'ici, nos sociétés ont réagi avec mollesse et lenteur.

Cependant, il y a eu quand même des réactions positives. Mentionnons le Protocole de Kyoto, la formation du GIEC, la campagne de sensibilisation de Al Gore et quelques autres initiatives.

Protocole de Kyoto

Le protocole de Kyoto est issu de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adoptée à l'issue du Sommet de la Terre, qui s'est tenu en juin 1992 à Rio de Janeiro, au Brésil. Il a marqué la prise de conscience internationale du risque de changement climatique. Les états les plus riches, pour lesquels une baisse de croissance ne semblait plus supportable et qui étaient en outre responsables des émissions les plus importantes, y avaient pris l'engagement de stabiliser en 2000 leurs émissions au niveau de 1990.

Son entrée en vigueur le 16 février 2005 a eu lieu dès lors qu'au minimum 55 pays de la Convention sur les changements climatiques avaient déposé leurs instruments de ratification. Parmi ces pays, devaient figurer des pays développés dont les émissions de dioxyde de carbone représentaient en 1990 au moins 55% des émissions totales de ces pays à la même date. La Russie a ratifié également le Protocole de Kyoto. Néanmoins les États-Unis, qui à eux seuls émettent 30 à 35% du total des gaz à effet de serre d'origine humaine, ont décidé en 2001 de ne pas ratifier le Protocole.

Il est entré en vigueur le 16 février 2005, plus de sept ans après son adoption. Entre 2008 et 2012, les 37 pays les plus industrialisés qui y ont adhéré doivent collectivement réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) de 5 % par rapport à leurs émissions de 1990. La contribution du Canada a été fixée à 6 % d'ici 2010.

Le protocole arrive à expiration en 2012, mais son avenir est déjà à l'ordre du jour. Voici la suite:

Sommet de Bali

La Conférence de Bali sur les changements climatiques, tenue du 10 au 14 décembre 2007 pour définir l'après-Kyoto, a dû être prolongée d'une journée puisque les pays participants n'avaient pas réussi à s'entendre sur l'ampleur des cibles à atteindre concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Selon Al Gore, la délégation américaine a fait tout en son pouvoir pour faire avorter ce sommet et pour en diluer le mordant, une solution qui permet ainsi de garder les États-Unis à bord en évitant de leur imposer des contraintes qu'ils refusaient. La conférence semble ainsi avoir compris qu'il valait mieux garder les États-Unis à bord et attendre qu'un nouveau Président entre en fonction en janvier 2009.

À cette conférence, il y a eu des progrès et des reculs. L'Australie a finalement entériné le Protocole de Kyoto suite à la défaite électorale des conservateurs dans ce pays. Pour sa part, le Canada a renié sa signature du Protocole sous prétexte que les cibles de Kyoto étaient impossibles à atteindre (l'exploitation des sables bitumineux de l'Alberta au profit des États-Unis y est certainement pour quelque chose) et que les pays en développement (le Brésil, la Chine et l'Inde) en étaient exemptés. Il faut cependant dire que les Conservateurs gouvernent actuellement le Canada et sont très supporteurs de la position américaine.

Sommet de Poznan

La conférence des Nations unies sur le changement climatique s'est tenue à Poznan, en Pologne, du 1er au 12 décembre 2008, sur fond de crise économique. 9.000 délégués de 185 pays ont planché sur les moyens d'enrayer le réchauffement climatique. Selon la "feuille de route" arrêtée en 2007 à Bali, ces Etats ont jusqu'à la fin 2009 pour s'accorder sur de nouveaux engagements en matière de lutte contre l'effet de serre. D'ici là, un seul mot d'ordre, a prévenu le secrétaire exécutif de la Convention de l'Onu sur les changements climatiques (CNUCC), Yvo De Boer : "travailler sur ce qui unit plutôt que sur ce qui divise".

Sommet de Copenhague

Le Sommet de Copenhague tenu en décembre 2009 s'est terminé par un accord non contraignant qui n'a pas été signé par tous les pays et a été obtenu suite à des négociations de couloirs. Il s'agit d'un accord sans ambition et sans contraintes. Son contenu est loin d'être à la hauteur des attentes que la conférence avait soulevées: s'il affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l'ère pré industrielle, le texte ne comporte aucun engagement chiffré de réduction des émissions de gaz à effet de serre, se contentant de prôner la "coopération" pour atteindre un maximum des émissions "aussi tôt que possible". Pour les écologistes, ce fut un échec lamentable. Les engagements de Kyoto prennent fin début 2013 mais ce sommet n'a pas prolongé le Protocole de Kyoto.

Sommet de Cancun

Le sommet de Cancun vient tout juste de se terminer (décembre 2010). Les décisions qui y ont été prises représentent un baume temporaire dans le dossier des changements climatiques. La principale avancée concerne la création d'un fond vert pour aider les pays en développement à s'adapter et à lutter contre lui. Les pays les plus riches ont promis $100 milliards de dollars d'ici 2020, un fond piloté par la Banque Mondiale, sans toutefois préciser comment le fond sera financé. La suite à donner au Protocole de Kyoto est néanmoins reportée à 2012 au Sommet de Durban en Afrique du Sud: les pays générateurs de gaz à effet de serre ont donc carte blanche jusqu'en 2012.

Le GIEC

Le GIEC (Groupe d'Experts Inter gouvernemental sur l'Évolution du Climat) est une organisation qui a été mise en place en 1988, à la demande du G7 par l'Organisation Météorologique Mondiale et par le Programme pour l'Environnement des Nations Unies. Son rôle est "d'expertiser, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective, l'information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l'homme".

Comme toutes les institutions onusiennes, le GIEC n'est pas une association de personnes physiques, mais une association de pays: ses membres sont des nations, non des personnes physiques. Aucun individu - et en particulier aucun chercheur - ne peut être membre du GIEC "en direct" : les personnes qui siègent aux assemblées du GIEC ne font que représenter des pays membres. En pratique, à peu près tous les pays membres des Nations Unies sont membres du GIEC (deux exceptions sont Taiwan et le Vatican), et donc dans la pratique quasiment tous les pays du monde sont adhérents du GIEC.

En gros, le GIEC effectue une revue de presse d'un genre très particulier: il examine et synthétise ce qui s'est publié dans la littérature scientifique sur la question de l'influence de l'homme sur le climat (et par voie de conséquence sur le fonctionnement du climat, avec ou sans hommes). C'est un point important, car tout chercheur travaillant dans un des domaine concernés - même quelqu'un qui tenterait de remettre en cause l'influence de l'homme sur le climat - verra ses travaux pris en compte dans le cadre des procédures d'expertise organisées par le GIEC dès lors que cela a donné lieu à publication dans une revue scientifique.

Son premier rapport date de 1990. Le GIEC y confirmait les informations scientifiques à l'origine des préoccupations sur le changement climatique. Il a incité l'ONU à établir une Convention cadre sur les changements climatiques adoptée en 1992 et entrée en vigueur en mars 1994. Son second rapport date en 1995 et a fourni les bases de négociation du Protocole de Kyoto. Son troisième rapport a été publié en 2001. Son quatrième rapport a été présenté en février 2007 à Paris.

Le GIEC a aussi avancé un certain nombre de prédictions sur les conséquences du réchauffement planétaire sur les autres paramètres physiques de la terre, comme les calottes de glace, les précipitations ou le niveau des mers. Ces prédictions font l'objet d'un consensus parmi les climatologues.

Certaines des avancées du GIEC ont été mises en doute, surtout les conclusions du rapport de 2007 qui prévoyaient que les glaciers de l'Hymalaya disparaîtraient d'ici 2035 ou même avant. Ces prévisions alarmistes n’étaient fondées que sur des documents non publiés et non soumis à une relecture par les pairs, canon du travail scientifique contemporain. Le document concerné avait été écrit par Robert Muir-Wood nous disait le Sunday Times, un hebdomadaire londonien. Il s'agissait dune regrettable erreur", a reconnu par la suite l'Indien Rajendra Pachauri, président du GIEC.

Enfin, il y a des dissidents qui mettent en doute la contribution des humains au réchauffement climatique mais ils sont de moins en moins nombreux. L'incident le plus médiatisé a été la « crosse de hockey », une reconstruction du climat passé qui souleva, et soulève encore, de violentes polémiques depuis la fin des années 1990.

Campagne de sensibilisation de Al Gore

Albert Gore, Vice-Pésident des États-Unis de 1992 à 2000 et victime de George W. Bush lors des élections présidentielles en 2000 a reçu, conjointement avec le GIEC, le Prix Nobel de la Paix en 2007 suite à la campagne de sensibilisation aux changements climatiques qu'il a mené. Son succès associé à celui du GIEC est incontestable au niveau de l'opinion publique mondiale. "Une vérité qui dérange" (An Inconvenient Truth, titre en anglais) est un film documentaire américain traitant du changement climatique, spécialement du réchauffement planétaire, réalisé par Davis Guggenheim.

Le Conseil Mondial de l'Énergie

Fondé en 1924 et basé à Londres, le Conseil mondial de l'énergie (CME) regroupe les représentants de cent pays, parmi lesquels figurent les plus grands producteurs et consommateurs d'énergie. C'est un organisme que reçoit peu de publicité mais est au fait de la consommation d'énergie et de ses effert sur le climat.

Lors d'une conférence donnée au CORIM et diffusée au Canal Savoir, Pierre Gadoneix, son président, mentionnait que réduire la consommation d'énergie sur la planète est irréaliste si le niveau de vie en croissance dans le monde doit se maintenir comme actuellement. Il notait aussi que si le niveau de vie actuel des États-Unis devait se répendre partout sur la planète, la consommation d'énergie actuelle devrait être multipliée par cinq. Il est donc nécessaire d'augmenter la production d'énergie tout en conciliant cette augmentation avec l'environnement afin d'atténuer le réchauffement climatique.

Si on veut freiner le réchauffement climatique, il faudra augmenter la part des énergies renouvelables dans le bilan énergétique de la planète. Des efforts en ce sens sont fait un peu partout dans le monde mais l'empreinte écologique est réellement inégalement répartie.

Impact sur l'économie

Comme on a pu le voir, les nations hésitent à adopter des mesures contraignantes afin de réduire l'émission des gaz à effet de serre car il est évident que, alors que les économies des pays riches ont de la difficulté à sortir de la récession, la réduction effective des émissions aura un impact négatif sur de vastes secteurs de l'économie.

De plus, un parlement national peut-il imposer à ses citoyens des sacrifices dont les bénéfices se répartiront sur la terre entière alors qu'on sait très bien que ces sacrifices seront annulées par les émissions accrues des pays en développement. C'est l'attitude adoptée depuis longtemps par les États-Unis et maintenant celle prise par le Canada devant les cibles trop élevées et les exemptions accordées aux pays en développement (Chine, Indes, Brésil) par le Protocole de Kyoto.

D'autre part, peut-on demander aux pays en développement de renoncer aux émissions de gaz à effet de serre associées au développement économique et retarder ainsi la lutte contre la pauvreté?

Efforts des certains pays

Je relate ici les efforts faits dans certains pays pour lutter contre le réchauffement climatique. La couverture est loin d'être exhaustive, elle est encore incomplète.

La Commission européenne rapporta en mai 2006 que les quinze membres de l'Europe unie n'aurait, en 2006, réduit leurs émissions de gaz à effet de serre que de 0.6% comparativement au niveau de 2006. L'objectif de Kyoto est de 8% en 2012.

Si la tendance se maintient, en 2011, la Chine construira et vendra plus d'automobiles que les États-Unis ou l'Europe. La Chine deviendra aussi le deuxième importateur de pétrole. Le pays en est venu à la conclusion que l'électrification du transport est une étape essentielle vers un futur plus soutenable. Afin d'éviter la dépendance au pétrole, le gouvernement chinois envisage un projet pilote visant à développer une industrie de l'automobile électrique. Le mécanisme menant à cet objectif est en place depuis août 2010.

Israël fait la promotion d'un programme qui permettra de rendre le pays complètement indépendant du pétrole vers 2020. En 2011, le gouvernement développera un réseau d'échange de batteries sur tout son territoire, permettant ainsi aux conducteurs de voitures électriques d'échanger leurs batteries vides pour des batteries pleines en moins de temps qu'il n'en faut pour emplir un réservoir d'essence. ["What China and Israel will teach the world" par Shai Agassi].

Aux États-Unis, les efforts ont plutôt pris l'apparence d'encouragements vers les technologies vertes. Sans attendre les décisions de Washington, plusieurs États américains ont commencé à légiférer contre les émissions de CO2, comme la Californie, qui met en place une bourse des émissions polluantes approuvée par les électeurs.

Au Canada, depuis l'avènement des Conservateurs en 2003, non seulement on ne fait plus rien mais on fait de l'obstruction. Ici, l'exploitation des sables bitumineux et son apport économique indiscutable l'emportent sur toute autre considération. Cependant, certaines provinces sont actives, dont le Québec dont l'empreinte écologique est relativement peu marqué puisque la presque totalité de l'énergie produite est d'origine hydro-électrique.

La géo-ingéniérie

Le terme "géo-ingénierie" est utilisé pour désigner des projets scientifiques visant à modifier le climat et l’équilibre énergétique terrestre pour lutter contre le réchauffement climatique. La géo-ingénierie divise la communauté scientifique: de nombreux climatologues redoutent les possibles effets secondaires de cette forme de "climatisation" de la Terre. Les principaux projets du domaine sont:

En fait, la géo-ingéniérie peut être un recours si le réchauffement climatique devient incontrôlable. Son coût peut être exorbitant et l'impossibilité de mesurer ses effets secondaires font que la géo-ingéniérie représente encore aujourd'hui une solution désespérée a dit John Holdren, conseiller scientifique du président Obama. [Extrait de Géo-ingéniérie]

Un autre désavantage de la géo-ingéniérie vient du fait que, si elle avait, ne fusse que le moindre succès, elle provoquerait un laxisme au niveau de la diminution de l'émission des gaz à effet de serre. Finalement, même si la géo-ingéniérie avait le succès escompté, il s'agit d'une solution qui doit être soutenue dans le temps. Elle pourrait ralentir temporairement le réchauffement climatique mais son arrêt pourrait causer ultérieurement un réchauffement climatique plus rapide et rendre ainsi l'adaptation des humains plus difficile.

Conclusion

Une chose est certaine. Quoiqu'on fasse, la température du globe va se réchauffer de 2 à 3 oC pendant ce siècle. Ce serait pire si on se fiait aux dires de Pierre Gadoneix du CME: selon lui, la température du globe pourrait augmenter de 2°C à 5°C d'ici 2100 mais il est réaliste de dire que cette augmentation sera plutôt de 3 à 3.5°C. Ça va dans le sens des conclusions du GIEC: la température a augmenté et elle va encore augmenter. C'est incontestable. 

Depuis quelques décennies, un certain nombre d'indicateurs et d'études montrent que le climat se réchauffe à l'échelle du globe. La glace des pôles fond alors que les régions tropicales endurent de plus en plus de sècheresses et de tempêtes. Il s'agît là d'un phénomène inquiétant qui nous interpelle sur nos activités massivement émettrices en gaz à effet de serre.

Serait-il possible que les effets économiques dévastateurs de ces phénomènes extrêmes puisse, avec le temps, faire comprendre à nos sociétés qu'il serait "économique" de palier au réchauffement plutôt que de devoir rencontrer dans le futur des phénomènes encore plus extrêmes et plus coûteux que ceux qu'on a connu jusqu'ici.

Finalement, il faut se demander si l'humanité peut s'adapter si le réchauffement est plus important ou plus rapide qu'anticipé. À cette question, je n'ai pas de réponse.

Espérons enfin que les efforts présents et à venir de nos sociétés permettront d'atténuer un peu ces prédictions.

Mon opinion

Devrais-je être optimiste ou pessimiste? Personnellement, je ne suis pas inquiet: j'ai 74 ans et, si je me fie aux statistiques, je suis à quatre ans de ma date de péremption (meilleur avant ...). Objectivement, je penche plutôt du côté du pessimisme.

En effet, si je regarde les actions du gouvernement de mon pays et celui de notre voisin du sud, je vois plus d'obstruction que d'enthousiasme. Le gouvernement Harper ne demande rien de spécial aux firmes qui exploitent les sables bitumineux sinon de faire leur possible pour limiter leur empreinte écologique. Depuis les élections de mi-mandat de 2010 aux États-Unis, je vois un président qui voudrait bien faire quelque chose se heurter à un Congrès qui veut qu'il échoue car on veut le battre aux prochaines élections. Je n'ai donc aucune raison d'être optimiste.

Toutefois, je suis encouragé par l'attitude des pays européens où on agit positivement. Je crois même que la Chine est sur la bonne voie dans ses efforts de limiter le réchauffement climatique ainsi que la pollution locale extrême.

Je comprend aussi qu'aucune nation du globe ne veuilles réellement fixer des objectifs contraignant.

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